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Construction de maison : quelles assurances demander et contrôler pour sécuriser son projet de A à Z

Construction de maison : quelles assurances demander et contrôler pour sécuriser son projet de A à Z

Construction de maison : quelles assurances demander et contrôler pour sécuriser son projet de A à Z

Avant de signer : pourquoi les assurances sont le vrai verrou de sécurité de votre chantier

Sur un chantier de maison individuelle, tout le monde regarde le prix, le délai, les plans. Mais le vrai pare-feu en cas de problème, ce sont les assurances. Un mur qui fissure après 3 ans, une toiture qui fuit, un entrepreneur qui dépose le bilan en plein chantier… Sans les bonnes garanties, c’est le maître d’ouvrage qui paye. Et cher.

Dans cet article, on va passer en revue, de manière très opérationnelle, les assurances à demander et à contrôler pour sécuriser une construction de A à Z : côté maître d’ouvrage, côté constructeurs, côté artisans. Objectif : savoir quoi exiger, quoi vérifier, et quoi refuser.

Les grandes familles de garanties en maison individuelle

Sur un chantier de maison neuve, on croise généralement :

Comprendre le rôle de chacune permet de ne pas confondre promesse commerciale et véritable couverture assurantielle.

Le socle incontournable : la garantie décennale des constructeurs

En France, tout professionnel du bâtiment qui intervient sur l’ouvrage de structure ou sur un élément indissociable doit être couvert par une assurance de responsabilité civile décennale. C’est une obligation légale (loi Spinetta).

Elle couvre, pendant 10 ans après la réception :

Ce que vous devez impérativement demander à chaque entreprise :

Erreur fréquente sur le terrain : se contenter d’une attestation « modèle » ou d’un document vieux de 2 ou 3 ans. Une attestation non à jour peut masquer un contrat résilié pour non-paiement. En cas de doute, un simple appel à l’assureur, avec l’accord de l’entreprise, permet de lever l’ambiguïté.

La clé de voûte pour le maître d’ouvrage : l’assurance dommages-ouvrage

L’assurance dommages-ouvrage (DO) est trop souvent vue comme une option coûteuse. C’est pourtant la garantie qui, en pratique, change tout le jour où un sinistre sérieux apparaît.

Ce qu’elle couvre :

Quand la souscrire ? Avant l’ouverture du chantier. À défaut, certaines DO « tardives » existent, mais les conditions sont plus strictes et les tarifs plus élevés.

En pratique, on vous demandera :

Pourquoi les pros sérieux la recommandent :

Point de vigilance : certaines offres sur internet ressemblent à de la DO mais n’en sont pas (contrat de protection juridique, assistance technique, pseudo-garantie). Vérifiez clairement la mention « assurance dommages-ouvrage » et l’agrément de l’assureur.

Garantie de parfait achèvement, biennale, décennale : bien les distinguer

Au-delà des assurances, la loi prévoit plusieurs garanties légales pour le maître d’ouvrage.

La garantie de parfait achèvement (1 an)

La garantie biennale (2 ans)

La garantie décennale (10 ans)

Sur le terrain, ces garanties légales fonctionnent en complément des assurances :

Le cas particulier du CCMI : garanties et assurances propres au constructeur

Si vous passez par un CCMI (Contrat de Construction de Maison Individuelle), le cadre est plus strict. Le constructeur doit notamment proposer :

Ce que vous devez contrôler avant de signer un CCMI :

Cas réel fréquent : constructeur qui dépose le bilan à 70 % du chantier. Sans garantie de livraison, le maître d’ouvrage se retrouve à rechercher des entreprises pour reprendre un chantier ouvert, avec des surcoûts de 15 à 30 %. Avec garantie de livraison, le garant finance la poursuite dans la limite du contrat.

Si vous gérez vous-même les artisans : quelles assurances exiger ?

Dans un montage en « lot par lot » sans CCMI, le maître d’ouvrage devient de fait coordinateur de chantier. Le risque est plus diffus mais il reste maîtrisable si les bons réflexes sont pris.

À exiger systématiquement à chaque entreprise :

À prévoir côté maître d’ouvrage :

Point de méthode : compilez tous les documents dans un « dossier assurances chantier » (version numérique et papier). En cas de sinistre ou de revente, ce dossier fait gagner un temps précieux.

Assurance tous risques chantier : utile ou gadget ?

L’assurance tous risques chantier (TRC) reste assez peu utilisée en maison individuelle, mais elle mérite qu’on s’y attarde pour certains projets.

Elle permet de couvrir :

La TRC est surtout intéressante lorsque :

Dans la plupart des cas, votre assureur habitation ou l’assureur DO peuvent proposer une option « chantier » couvrant une partie de ces risques, à comparer au coût d’une TRC dédiée.

Responsabilité civile du maître d’ouvrage : à ne pas oublier

On l’oublie souvent : pendant le chantier, le maître d’ouvrage peut lui aussi être mis en cause en cas d’accident sur le site (chute d’un tiers, enfant du voisin qui entre sur le chantier, etc.).

Réflexes à adopter :

Check-list pratique : les documents à exiger et archiver

Avant de démarrer, puis tout au long du chantier, voici la liste des documents à rassembler :

Ce dossier pourra être réutilisé :

Les pièges les plus fréquents… et comment les éviter

Sur le terrain, les mêmes erreurs reviennent régulièrement. En voici quelques-unes, avec les parades simples.

Comment parler assurance avec ses entreprises sans braquer tout le monde

Sur un chantier, mettre les sujets d’assurance sur la table ne doit pas être perçu comme une marque de défiance. C’est une base de travail professionnelle.

Quelques astuces :

Un pro sérieux est habitué à fournir ces documents. La méfiance doit plutôt se porter sur ceux qui rechignent, minimisent ou promettent d’envoyer « plus tard » sans jamais rien transmettre.

En résumé : un chantier sécurisé, c’est d’abord un chantier bien assuré

La technique, la qualité des matériaux, la compétence des équipes restent évidemment au cœur d’un projet de construction réussi. Mais dès qu’on parle de risques à long terme, ce sont les assurances qui font la différence entre un incident gérable et un cauchemar financier.

Pour une maison individuelle, la feuille de route est claire :

En investissant un peu de temps au départ pour cadrer ce volet assurantiel, vous sécurisez non seulement les travaux, mais aussi les dix années qui suivent la réception. Et sur la durée de vie d’une maison, c’est loin d’être un détail.

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