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La digitalisation des chantiers et l’usage des applications mobiles pour le suivi de travaux au quotidien

La digitalisation des chantiers et l’usage des applications mobiles pour le suivi de travaux au quotidien

La digitalisation des chantiers et l’usage des applications mobiles pour le suivi de travaux au quotidien

Tablettes sur tréteaux, smartphones dans les poches des chefs de chantier, rapports photos envoyés en direct au MOE… La digitalisation des chantiers n’est plus un sujet « gadget ». Pour beaucoup d’équipes, ce sont désormais les applications mobiles qui tiennent le rôle de carnet de notes, de planning, de registre de sécurité et parfois même de DOE provisoire.

Reste une question pour les pros du terrain : qu’est-ce que ces outils changent vraiment dans le suivi quotidien des travaux, et comment les choisir sans désorganiser les équipes ni exploser le budget ?

Pourquoi les chantiers se digitalisent (et pourquoi ça ne va pas s’arrêter)

Sur le terrain, les mêmes irritants reviennent :

À cela s’ajoutent les contraintes réglementaires : traçabilité des matériaux, suivi des déchets, registre de sécurité, conformité thermique, etc. Tout ce qui n’est pas documenté devient un risque.

Les applications mobiles de suivi de chantier répondent à trois enjeux très concrets :

En résumé : il s’agit de remplacer des process papier ou Excel par un outil qui colle à la réalité du terrain, en temps réel.

Ce que change concrètement une appli de suivi de chantier

Pour mesurer l’impact, le plus parlant est de comparer ce qui se passe « avant » et « après » sur quelques tâches clés.

Avant, pour un simple point d’avancement :

Avec une appli de suivi :

Résultat : moins de ressaisie, moins d’oubli, moins d’ambiguïtés. Le chef de chantier ou conducteur de travaux passe plus de temps à piloter les entreprises qu’à jouer les secrétaires techniques.

Sur la durée, les équipes constatent généralement :

Journée type de chantier : avant / après digitalisation

Pour illustrer, prenons la journée type d’un conducteur de travaux TCE sur un chantier de 60 logements.

Sans outil numérique structuré :

Entre les appels, les mails et la mise en forme des documents, 2 à 3 heures partent chaque jour en « administratif technique ».

Avec une appli mobile de suivi :

On ne supprime pas les imprévus (sinon ce ne serait plus un chantier), mais on réduit sensiblement le temps mort de ressaisie et la perte d’information. Sur un projet de plusieurs mois, cela représente des dizaines d’heures « récupérées » pour du pilotage pur.

Fonctionnalités clés à exiger d’une application de suivi de travaux

Le marché est large : outils généralistes, solutions orientées MOE, plateformes liées au BIM, etc. Pour ne pas se perdre dans les brochures commerciales, il est utile de se concentrer sur quelques fonctionnalités vraiment déterminantes.

Sur le terrain (mobile) :

Au bureau (web) :

Aspects organisationnels et juridiques :

Un bon test terrain : demander une démo sur un vrai de vos chantiers, avec vos plans, vos lots et vos habitudes. Si, au bout d’une heure, vos équipes trouvent ça plus long que le carnet papier, soit l’outil n’est pas adapté, soit le paramétrage est à revoir.

Combien ça coûte, et où se fait vraiment le gain ?

Les modèles économiques les plus fréquents :

Pour un chantier de taille moyenne, on se situe souvent entre quelques centaines d’euros et quelques milliers d’euros par an, selon le nombre d’utilisateurs et le niveau de fonctionnalités (BIM, API, etc.).

Les gains ne se mesurent pas uniquement en heures économisées :

Un retour d’expérience fréquemment cité : sur un programme de logements collectifs, le temps de préparation des réunions de chantier et des comptes-rendus a été réduit de 50 à 70 %, soit l’équivalent de plusieurs jours-hommes sur la durée du projet.

Important : le ROI ne vient pas du logiciel seul, mais de la discipline d’usage. Une appli peu utilisée, ou utilisée de façon anarchique, ne fera que déplacer le problème.

Points de vigilance : sécurité, RGPD et adoption par les équipes

Trois sujets sont trop souvent sous-estimés : la sécurité des données, la conformité réglementaire et la résistance au changement.

Sur la sécurité et la confidentialité :

Sur le RGPD :

Sur l’adoption par les équipes :

Une erreur fréquente : croire qu’un outil très complet sera forcément meilleur. Sur le terrain, une interface simple, trois boutons bien pensés et des écrans lisibles font souvent plus pour l’adoption qu’un logiciel usine à gaz.

Comment démarrer un projet de digitalisation du suivi de chantier

La bonne approche ressemble plus à un phasage de chantier qu’à un « big bang » informatique.

1. Faire un état des lieux de vos pratiques actuelles

2. Définir un périmètre pilote

3. Comparer 2 ou 3 solutions maximum

4. Accompagner le démarrage comme un « mini-chantier »

5. Capitaliser et standardiser

Quelques bonnes pratiques issues du terrain

Pour terminer, quelques retours récurrents d’équipes qui ont déjà franchi le pas.

La digitalisation des chantiers n’est pas une mode : c’est une réponse pragmatique à des contraintes croissantes de délais, de qualité, de réglementation et de traçabilité. Les applications mobiles ne remplaceront ni l’œil du chef de chantier, ni le coup de fil de clarification au bureau d’études, mais elles permettent de documenter, structurer et partager ce qui se joue réellement sur le terrain, au quotidien.

À condition de les choisir pour ce qu’elles apportent vraiment, de les déployer avec méthode et de les faire vivre comme un outil de production à part entière, au même titre que les engins, les échafaudages ou les EPI.

Damien

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