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Les solutions de chauffage et de rafraîchissement passifs pour réduire les consommations dans le résidentiel et le tertiaire

Les solutions de chauffage et de rafraîchissement passifs pour réduire les consommations dans le résidentiel et le tertiaire

Les solutions de chauffage et de rafraîchissement passifs pour réduire les consommations dans le résidentiel et le tertiaire

Réduire les consommations de chauffage et de climatisation sans multiplier les équipements, c’est possible. Dans le résidentiel comme dans le tertiaire, les solutions passives de chauffage et de rafraîchissement redeviennent centrales, portées par la RE2020, le décret tertiaire et la hausse du prix de l’énergie.

L’idée de base est simple : avant d’installer un système actif (chaudière, PAC, clim), on optimise le bâtiment lui-même pour qu’il ait besoin de beaucoup moins de chaud en hiver et de beaucoup moins de froid en été. Et sur le terrain, les gains sont loin d’être anecdotiques : jusqu’à –40 % sur les besoins de chauffage et –60 % sur les besoins de clim dans certains projets bien conçus.

Pourquoi les solutions passives intéressent (à nouveau) les pros

Dans le neuf comme en rénovation, trois facteurs poussent clairement vers le passif :

Pour un maître d’ouvrage, l’équation devient claire : chaque kWh évité par une conception ou un dispositif passif, c’est un investissement en équipements en moins (ou plus léger), des charges réduites et un bâtiment plus robuste face aux évolutions de prix et de normes.

Les grands principes du chauffage et rafraîchissement passifs

Avant d’entrer dans les solutions, deux principes structurent la démarche, en neuf comme en rénovation :

On est dans une logique « enveloppe + inertie + flux d’air », qui nécessite de penser le bâtiment comme un système thermique global, et pas comme une simple coquille dans laquelle on rajoute une chaudière ou une clim.

Enveloppe performante : la base pour limiter le chauffage

Sans enveloppe maîtrisée, les solutions passives de rafraîchissement ou de chauffage tournent vite à l’illusion. Les points clés à travailler :

Isolation et ponts thermiques

En maison individuelle comme en tertiaire, un bon niveau d’isolation réduit la puissance de chauffage nécessaire, donc la taille des équipements :

Le traitement des ponts thermiques (nez de dalle, balcons, liaisons planchers/murs) est indispensable pour éviter les zones froides, les risques de condensation et les surconsommations cachées.

Menuiseries et vitrages adaptés

Les fenêtres sont à la fois des points faibles thermiques et des sources d’apport solaire gratuit :

Sur le terrain, un mauvais choix de vitrages, mal combiné à l’orientation et aux protections, est l’une des premières causes de surchauffe nécessitant l’installation (ou le renforcement) d’une climatisation.

Étanchéité à l’air maîtrisée

Le passif ne fonctionne pas sans maîtrise des fuites d’air parasite. Une enveloppe étanche, couplée à une ventilation contrôlée (simple flux ou double flux), permet :

En tertiaire, le test d’étanchéité est souvent réservé aux bâtiments « vitrines ». Pourtant, les fuites d’air autour des menuiseries, réseaux et trémies techniques sont un gisement d’économie relativement simple à traiter en rénovation ciblée.

Apports solaires passifs en hiver : orienter, capter, stocker

Le chauffage passif repose sur une combinaison simple : capter les apports gratuits du soleil, les diffuser, puis les stocker dans l’inertie du bâtiment.

Orientation et surface vitrée

Sur un projet neuf, l’orientation est un levier puissant :

En rénovation, on ne peut pas tout changer, mais on peut :

Inertie thermique intérieure

Les apports solaires ne servent à rien s’ils ne sont pas tamponnés par de la masse :

Dans beaucoup de bureaux récents, on empile faux-plafonds, planchers techniques et cloisons légères. Résultat : une inertie très faible, des locaux qui chauffent vite… et refroidissent tout aussi vite, en réclamant de la clim dès le mois de mai.

Rafraîchissement passif : l’allié du confort d’été

Limiter le recours à la clim passe d’abord par une double stratégie : réduire les apports de chaleur et évacuer la chaleur en excès au bon moment.

Protections solaires efficaces

Sur le terrain, c’est le levier le plus rapide à mettre en place, en neuf comme en rénovation :

Une façade sud sans protection peut laisser entrer l’équivalent de plusieurs centaines de watts par m² de vitrage en plein été. Avec une protection extérieure bien dimensionnée, on peut diviser ces apports par 3 à 5.

Ventilation naturelle et surventilation nocturne

Quand les températures nocturnes restent suffisamment basses (20–22 °C), la surventilation nocturne est un outil très performant, surtout en tertiaire :

En pratique, un débit d’air de 5 à 10 volumes de bâtiment par heure en nocturne peut suffire à recharger fortement l’inertie d’un bâtiment en béton et à abaisser de plusieurs degrés les températures maximales du lendemain.

Free-cooling et géocooling

Dans des bâtiments déjà équipés en CTA (centrales de traitement d’air), deux solutions passives intermédiaires existent :

Ce type de solution est particulièrement intéressant sur des bureaux de taille moyenne à grande, où la ventilation mécanique est déjà structurante dans le projet.

Puits canadien / provençal (air ou eau)

Le principe : faire circuler de l’air (ou de l’eau) dans des conduits enterrés à environ 1,5–2 m de profondeur, où la température du sol est plus stable :

Les versions à eau couplées à une VMC double flux limitent les risques sanitaires (condensats, stagnations) des puits aérauliques mal conçus. C’est une solution intéressante pour des bâtiments scolaires ou tertiaires de taille intermédiaire, avec des extensions neuves où l’on peut intégrer ces réseaux enterrés.

Végétalisation et gestion de l’albédo

On l’oublie souvent dans les études thermiques, mais la gestion de la peau extérieure du bâtiment et de ses abords joue beaucoup sur la température ressentie et sur les besoins de climatisation.

Toitures végétalisées

Elles apportent :

En tertiaire, les retours de mesures montrent des écarts de plusieurs degrés sur la température de surface de toiture entre une étanchéité nue (noire) et une toiture végétalisée extensive.

Revêtements clairs et ombrage des abords

Les cours, parkings, terrasses et façades foncées stockent énormément de chaleur et la réémettent vers le bâtiment :

Ces mesures, peu coûteuses à l’échelle d’un projet, apportent souvent un gain immédiat sur le confort d’été, surtout dans les petites opérations tertiaires et les logements collectifs avec cour intérieure.

Cas pratique : logement collectif en rénovation

Sur un parc de logements construits dans les années 70–80, on retrouve souvent les mêmes pathologies : façades peu isolées, vitrages simples ou vieux doubles vitrages, peu de protections solaires, ventilation défaillante.

Une démarche de solutions passives typique peut s’articuler comme suit :

Dans ce type de projet, on constate fréquemment :

Sans même ajouter de climatisation, le ressenti des occupants change radicalement, et les charges diminuent. Le chauffage passif (apports internes + soleil) devient alors un apport significatif pendant l’intersaison.

Cas pratique : immeuble de bureaux sans climatisation active

Sur certains projets de bureaux neufs, l’objectif affiché est de se passer totalement de climatisation active, tout en respectant les exigences de confort d’été.

Une combinaison de solutions passives et « low tech » permet de tenir l’objectif :

Les retours de monitoring sur ce type de bâtiment montrent des températures intérieures maîtrisées, même lors des pics de chaleur, à condition :

Dans ces configurations, les consommations d’électricité liées au rafraîchissement sont quasi nulles (hors auxiliaires), et les puissances de chauffage installées sont réduites par rapport à un bâtiment classique.

Points de vigilance et erreurs fréquentes sur le terrain

Mettre en place des solutions passives n’est pas compliqué… à condition d’éviter certains pièges que l’on retrouve régulièrement sur les chantiers :

Autre point crucial : la formation et l’accompagnement des occupants. Un bâtiment très performant sur le papier peut se révéler décevant si les systèmes passifs (protections solaires, ventilation nocturne, gestion des ouvrants) ne sont pas compris et utilisés correctement.

Check-list opérationnelle pour un projet résidentiel ou tertiaire

Pour intégrer efficacement le chauffage et le rafraîchissement passifs, une approche par étapes facilite le travail des maîtrises d’œuvre et entreprises :

Les solutions de chauffage et de rafraîchissement passifs ne remplacent pas toujours totalement les équipements actifs, surtout dans les climats extrêmes ou sur certains usages spécifiques (santé, data centers, laboratoires). Mais dans la majorité des bâtiments résidentiels et tertiaires, elles permettent de réduire significativement les puissances installées et les consommations, tout en améliorant le confort et la résilience du bâti face aux canicules.

Pour les pros du BTP, c’est une opportunité claire : proposer des projets où l’intelligence de la conception prime sur la surenchère d’équipements, avec des solutions concrètes, mesurables et durables, qui parlent autant aux maîtres d’ouvrage qu’aux occupants finaux.

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