Nouvelles normes incendie et impact sur les choix de matériaux et de conception pour les bâtiments neufs et rénovés

Nouvelles normes incendie et impact sur les choix de matériaux et de conception pour les bâtiments neufs et rénovés

Incendies d’immeubles d’habitation, entrepôts logistiques ravagés, façades qui s’embrasent en quelques minutes… Ces dernières années, chaque sinistre majeur se traduit par un tour de vis réglementaire. Résultat : les normes incendie évoluent vite, et elles pèsent de plus en plus lourd sur le choix des matériaux et la conception des bâtiments neufs comme rénovés.

Sur le terrain, ça se traduit comment ? Par des isolants à revoir, des hauteurs de bâtiments à reconsidérer, des façades à reconfigurer, des coûts à réévaluer… et parfois des projets à reprendre depuis la phase esquisse. Dans cet article, on fait le point de manière opérationnelle, avec un focus sur les conséquences concrètes pour les pros du BTP.

Ce qui change vraiment dans la réglementation incendie

Le cadre de base reste le même : Code de la construction et de l’habitation, arrêts spécifiques (habitation, ERP, entrepôts, IGH…), guides CSTB, règles APSAD, etc. Mais plusieurs mouvements de fond compliquent l’équation :

  • Généralisation des Euroclasses de réaction au feu (A1, A2, B, etc.) comme langage commun pour tous les produits de construction.
  • Renforcement des exigences sur le comportement au feu des façades, en particulier sur les bâtiments de grande hauteur et les logements collectifs.
  • Montée en puissance du bois et des matériaux biosourcés, poussés par la RE2020… mais contraints par la réglementation incendie.
  • Durcissement des exigences pour les entrepôts et bâtiments logistiques (ICPE, sprinklers, compartimentage, résistance au feu des structures).
  • Attention accrue aux interfaces : façades / planchers, gaines techniques, combles, isolants en toiture, panneaux photovoltaïques.

Derrière ces grands principes, plusieurs textes ont un impact direct sur les choix de conception :

  • Modifications de l’arrêté du 31 janvier 1986 (bâtiments d’habitation), avec des exigences plus serrées sur les façades et les isolants combustibles.
  • Textes et guides autour de la sécurité incendie des façades isolées par l’extérieur (en réaction aux sinistres de type « façade cheminée »).
  • Évolutions des règles pour les entrepôts (ICPE 1510 notamment), avec des exigences de sprinklage, de désenfumage et de stabilité au feu renforcées.
  • Intégration progressive des enjeux incendie dans l’approche performancielle (loi ESSOC), qui permet de sortir des solutions « catalogues » à condition de justifier les performances globales.

En clair : la norme ne dit pas seulement « résistez au feu », elle oriente de plus en plus précisément les produits, systèmes et assemblages que vous pouvez réellement mettre en œuvre.

Diagnostic : où sont les points durs sur les projets neufs et rénovations ?

Avant même de parler matériaux, il faut regarder là où la réglementation serre le plus les boulons. On retrouve systématiquement les mêmes « nœuds » sur les chantiers :

  • Façades isolées par l’extérieur : risque de propagation verticale du feu par l’isolant ou la lame d’air, surtout en présence de baies superposées et de balcons.
  • Surélévations et extensions : ajout de niveaux, changement de catégorie (hauteur > 28 m, passage en ERP, extension d’un entrepôt) qui basculent le bâtiment dans un autre régime incendie.
  • Structures légères ou combustibles : charpentes bois, pannes métalliques non protégées, planchers mixtes, CLT (cross laminated timber) en façade ou en refend.
  • Combles et toitures isolés : forte densité d’isolant, réseaux (VMC, électricité), panneaux photovoltaïques, parfois peu accessibles pour les secours.
  • Locaux techniques et gaines : toute traversée d’un élément coupe-feu mal traitée devient un point de fuite majeur pour fumées et flammes.
  • Parkings et sous-sols : concentration de véhicules, présence de bornes de recharge, impact fort sur désenfumage et stabilité au feu de la structure.

Sur un projet neuf, on peut intégrer ces contraintes assez tôt, au stade APS/APD. En rénovation, en revanche, on se heurte souvent à :

  • Des structures existantes à capacité de charge limitée (difficile de multiplier les protections lourdes type encoffrements béton).
  • Des circulations et noyaux de circulation qui ne permettent pas toujours d’ajouter des escaliers encloisonnés ou des compartiments supplémentaires.
  • Des façades déjà complexes (loggias fermées, balcons filants, modénatures) qui compliquent l’ITE conforme aux exigences feu.

D’où l’importance de poser le diagnostic incendie très tôt, avec le bureau de contrôle et, si besoin, un préventionniste SDIS, avant même de figer les systèmes techniques et les matériaux.

Impact sur les choix de matériaux

Les nouvelles exigences incendie se lisent très directement dans les CCTP et les bordereaux de matériaux. Pour faire simple, trois familles sont particulièrement impactées : les isolants, les systèmes de façade et les structures bois.

1. Réaction au feu : les Euroclasses en première ligne

La réaction au feu des matériaux est désormais quasi systématiquement exprimée en Euroclasses (EN 13501-1) :

  • A1 / A2 : incombustible ou quasi incombustible (béton, acier, laine de roche, certains enduits et plaques spécifiques).
  • B / C : combustible faiblement ou moyennement, mais avec un comportement contrôlé.
  • D / E / F : matériaux nettement combustibles, réservés à des usages très encadrés.

Sur de nombreux projets, on voit apparaître dans les pièces écrites des exigences du type « parement extérieur classé A2-s1,d0 minimum » ou « isolant en façade en A2 en bande coupe-feu à chaque plancher ». Concrètement, cela se traduit par :

  • Un recours plus systématique à la laine minérale (laine de roche en tête) dès que la hauteur ou la destination du bâtiment nécessite une façade « peu propagatrice de feu ».
  • Des combinaisons « mixtes » sur ITE : isolant combustible (PSE, PIR) sur la plus grande surface, encadré par des bandes ou trames en A1/A2 au niveau des planchers et tableaux de baies.
  • Des parements extérieurs plus performants feu : bardages métalliques ou minéraux, enduits sur isolant incombustible, produits certifiés pour façade.

2. Façades : limiter l’effet « cheminée »

C’est l’un des points les plus sensibles depuis plusieurs sinistres médiatisés : la propagation du feu par la façade. Les nouvelles exigences agissent sur trois leviers :

  • Nature de l’isolant : limitation drastique des isolants combustibles sur les parties de façade les plus exposées (pieds de façade, encadrements de baies, zones mitoyennes, retours de balcons).
  • Continuité de la lame d’air : obligation de « casser » la circulation de l’air dans les systèmes de bardage ventilé (bavettes, écrans coupe-feu, compartimentage vertical et horizontal).
  • Débords et ouvrages annexes : attention particulière aux brise-soleil, garde-corps, habillages de balcons, souvent réalisés en matériaux combustibles.

Sur un chantier, cela peut se traduire, par exemple, par :

  • Un passage d’une ITE PSE + enduit à un système laine de roche + enduit classé A2 sur un immeuble de grande hauteur, avec un surcoût de l’ordre de 10 à 20 €/m² de façade, mais un dossier sécurité simplifié.
  • L’ajout de boîtes coupe-feu en laine de roche derrière chaque linteau de baie pour interrompre la propagation verticale entre deux niveaux.
  • Le refus d’un bardage bois brut sur un R+7 en logement collectif, au profit d’un bardage métallique ou fibre-ciment, le bois étant éventuellement cantonné à des zones de rez-de-chaussée ou de patios intérieurs.

3. Structures bois : de la mode à la maîtrise des risques

La RE2020 pousse fortement vers le bois et les biosourcés, notamment pour le stockage carbone. Côté incendie, cela reste possible, mais sous conditions :

  • Dimensionnement des sections bois en tenant compte de la vitesse de carbonisation (approche « bois qui se défend au feu »).
  • Protections par parements intérieurs de type plaques de plâtre spéciales, panneaux fibres-gypse, doublages à résistance au feu certifiée.
  • Traitement très rigoureux des jonctions bois / façades, bois / planchers et bois / noyaux béton ou maçonnerie.

Une structure poteaux-poutres bois en R+5 reste tout à fait envisageable, mais elle va :

  • Nécessiter des études incendie plus fines (approche performancielle, scénarios de feu, justification des temps de résistance).
  • Imposer des protections complémentaires sur certains éléments (encoffrements, peintures intumescentes, parements coupe-feu).
  • Contraindre le choix des isolants et revêtements de façade pour limiter la charge calorifique globale.

Pour les pros, l’enjeu est de sortir des positions caricaturales (« le bois est interdit » ou « le bois, c’est magique ») et de raisonner en système complet, validé par le bureau de contrôle.

Impact sur la conception architecturale et technique

Les nouvelles normes incendie ne se jouent pas uniquement au niveau du catalogue produits. Elles modifient la façon de concevoir le bâtiment, dès les premiers coups de crayon.

1. Hauteur et configuration : des seuils à ne pas oublier

Quelques centimètres de hauteur peuvent vous faire basculer dans une autre catégorie réglementaire, avec des conséquences très concrètes :

  • Au-delà de certains seuils (type 28 m pour certaines catégories de bâtiments d’habitation), les exigences sur les façades et les circulations verticales se durcissent fortement.
  • Une simple surélévation peut transformer un bâtiment ordinaire en immeuble de grande hauteur (IGH) ou en bâtiment difficilement accessible pour les engins des pompiers.
  • Sur les ERP, le mix de publics (PU, PE, PMR) et le nombre de personnes présentes conditionnent les largeurs de dégagements, la compartimentation, le désenfumage.

En pratique, il n’est pas rare de voir des maîtres d’ouvrage revoir la hauteur d’un projet (passer de R+7 à R+6 par exemple) pour rester dans un cadre réglementaire plus simple et moins coûteux.

2. Circulations, compartiments et désenfumage

La doctrine reste la même : compartimenter pour limiter la propagation, évacuer rapidement les occupants, et maintenir des conditions d’intervention acceptables pour les secours. Mais la mise en musique se complexifie, notamment avec :

  • Des exigences plus pointues sur les escaliers encloisonnés, sas, portes PF et CF, dispositifs d’auto-fermeture.
  • La nécessité de combiner désenfumage naturel et mécanique, en fonction de la géométrie des volumes, des atriums, des parkings, des circulations horizontales.
  • Une attention accrue à la fiabilité dans le temps : commande de désenfumage, alimentation de secours, maintenance, accès aux trappes et volets pour les pompiers.

Pour l’architecte et le BET fluides, cela signifie intégrer très tôt :

  • Les volumes de désenfumage (gaines, volets, réservations) dans les coupes et plans niveau par niveau.
  • Les contraintes de pression et de débit pour les systèmes mécaniques (sections de gaines, emplacements des ventilateurs, rejets extérieurs).
  • La compatibilité des solutions techniques avec les exigences acoustiques, thermiques et architecturales (un caisson de désenfumage n’est jamais « neutre » dans un plafond de couloir d’hôtel…).

3. Locaux à risques et interfaces avec les réseaux

Les locaux techniques, parkings, locaux poubelles, locaux batteries ou bornes de recharge posent aujourd’hui des questions particulièrement sensibles. Le durcissement des exigences se traduit par :

  • Une montée en puissance des prescriptions d’EI 60 à EI 120 (parois coupe-feu) autour de ces locaux, y compris en rénovation.
  • Des obligations plus strictes d’extinction automatique ou de détection précoce (sprinklers, brouillard d’eau, systèmes spécifiques pour batteries).
  • Un renforcement des exigences sur les traversées de parois par les réseaux (manchons coupe-feu, colliers intumescents, clapets coupe-feu intégrés aux CTA et gaines).

Le moindre oubli (une gaine non traitée, un bouchon coupe-feu absent, une cloison CF percée pour un câble supplémentaire) peut faire tomber la conformité du bâtiment lors de la visite de la commission de sécurité, voire au moment d’un sinistre.

Comment adapter vos pratiques sur chantier

L’enjeu pour les entreprises, ce n’est pas de devenir juristes en réglementation incendie, mais d’ajuster les pratiques à la réalité des nouvelles exigences. Quelques repères concrets.

1. En phase études et achats

  • Valider systématiquement avec le bureau de contrôle le couple hauteur / destination du bâtiment avant de figer les systèmes de façade et de structure.
  • Exiger des classements de réaction et de résistance au feu (rapports d’essais, PV, rapports de classement) pour tous les matériaux sensibles : isolants, parements, revêtements de sol, plafonds, gaines, portes.
  • Privilégier des systèmes complets validés (façades ITE, bardages, planchers mixtes) plutôt que des combinaisons « maison » difficiles à justifier en commission.
  • Anticiper les surcoûts éventuels (passage à isolant A2, protections de structures, sprinklers) dans le chiffrage initial, plutôt que de les subir en plus-value en cours de chantier.

2. En phase exécution

  • Former les équipes à la lecture des plans coupe-feu : quelles parois sont CF, où sont les bandes de laine de roche, quelles zones ne doivent pas être percées sans traitement spécifique.
  • Mettre en place une check-list feu par lot (gros œuvre, façade, électricité, CVC, plomberie) avec les points de vigilance : manchons coupe-feu, clapets, bourrages, calfeutrements.
  • Documenter systématiquement les modifications de matériaux : remplacement d’un isolant, changement de marque de porte PF, variation de système d’ITE… avec validation écrite du bureau de contrôle.
  • Photographier les éléments cachés (calfeutrements, encoffrements, écrans coupe-feu) avant fermeture des doublages et faux-plafonds, pour alimenter le DOE.

3. Erreurs fréquentes à éviter

  • Remplacer un isolant ou un parement prévu en A2 par un produit « équivalent » non vérifié, souvent en B ou C, pour gagner un délai ou quelques euros.
  • Oublier les bandes coupe-feu en façade autour des baies ou au droit des planchers dans les systèmes ITE.
  • Laisser une gaine technique, un faux-plafond ou une trémie de circulation sans traitement coupe-feu conforme aux plans.
  • Modifier la trame de façades ou la taille des baies en cours de route sans recalculer l’effet sur le comportement au feu de l’ensemble.
  • Considérer les prescriptions incendie comme une « option » à ajuster en fin de chantier, plutôt que comme un cadre de conception dès le démarrage.

Retours de terrain : trois cas typiques

Pour mesurer l’impact réel des nouvelles normes incendie sur les matériaux et la conception, rien de mieux que quelques cas concrets.

Cas 1 : rénovation ITE d’un immeuble des années 70

Immeuble d’habitation R+10, années 70, façade béton non isolée. Projet initial : ITE PSE + enduit mince, choix motivé par le coût et la performance thermique.

Au diagnostic incendie, le bureau de contrôle met en évidence :

  • La hauteur de l’immeuble, qui le fait entrer dans une catégorie avec exigences renforcées sur la réaction au feu des façades.
  • Des alignements de baies très rapprochées verticalement, avec un fort risque de propagation par la façade.

Résultat :

  • Abandon du PSE sur la majeure partie des façades au profit d’une laine de roche A2-s1,d0.
  • Implantation de bavettes et boîtes coupe-feu au droit des linteaux, en complément de l’enduit mince certifié pour façade.
  • Surcoût estimé : +15 à +20 % sur le lot ITE, partiellement compensé par une meilleure durabilité et une simplification de la validation en commission de sécurité.

Le chantier passe la visite de la commission sans réserve majeure, là où la solution PSE aurait probablement entraîné des demandes de justifications lourdes, voire des refus.

Cas 2 : entrepôt logistique de 12 000 m² avec sprinklers

Projet neuf d’entrepôt logistique classé ICPE, avec stockage de marchandises diverses. Le classement et la surface imposent :

  • Une stabilité au feu élevée de la structure (R60 à R120 selon zones).
  • Une installation de sprinklers dimensionnée selon les risques, associée à un désenfumage adapté.
  • Un compartimentage en cellules pour limiter l’ampleur potentielle d’un sinistre.

Impact sur le projet :

  • Choix d’une charpente métallique protégée par peinture intumescente, avec justification de la résistance au feu par calcul et PV d’essais.
  • Réseau sprinkler intégré dès la phase conception, avec réservations en toiture, surcharges prises en compte dans les descentes de charge, coordination étroite avec le BET structure.
  • Façades double peau isolées, avec parements métalliques et isolant laine de roche en panneaux sandwich certifiés feu.

Côté planning, l’intégration tardive du sujet sprinklers aurait pu ajouter plusieurs mois de recalage. En le traitant dès l’APS, le maître d’ouvrage a limité les aléas en phase exécution.

Cas 3 : surélévation bois sur un R+3 existant

Immeuble de bureaux R+3, projet de surélévation en deux niveaux supplémentaires, en structure bois pour limiter les surcharges. Côté incendie, plusieurs contraintes :

  • Passage dans une catégorie de hauteur plus contraignante.
  • Structure bois en partie apparente souhaitée par l’architecte.
  • Nécessité de préserver les circulations existantes tout en assurant des dégagements conformes.

Solution adoptée :

  • Structure principale en bois lamellé-collé, dimensionnée avec une épaisseur de recouvrement suffisante pour garantir le temps de résistance au feu requis.
  • Utilisation de parements intérieurs CF (plaque de plâtre spécifique, panneaux fibres-gypse) sur les zones de circulation, avec bois apparent limité aux bureaux eux-mêmes.
  • Façades mixtes : ossature bois + isolation laine de roche + parement extérieur incombustible, avec bandes coupe-feu aux planchers.

Le projet montre qu’une surélévation bois reste possible dans un cadre réglementaire exigeant, à condition de traiter l’incendie comme un lot à part entière, et pas comme une simple « contrainte technique » à gérer en fin de phase PRO.

Au final, les nouvelles normes incendie ne sont pas là pour bloquer les projets, mais pour obliger à une meilleure maîtrise des risques, des interfaces et des matériaux. Anticiper les seuils de hauteur, travailler tôt avec le bureau de contrôle, choisir des systèmes validés plutôt que bricolés, documenter chaque variante de matériau : ce sont désormais des réflexes aussi essentiels que le calcul thermique ou l’étude de sol.

Sur un chantier, la vraie question n’est plus « est-ce que ça va passer ? », mais « est-ce que, le jour où ça brûle, le bâtiment va se comporter comme prévu ? ». Les nouvelles normes incendie, bien intégrées dès l’amont, permettent justement de répondre à cette question avec moins d’incertitudes… et beaucoup moins de mauvaises surprises en fin de projet.

Damien

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